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A la recherche de Mozart

 Un film documentaire long métrage de Phil Grabsky produit pour célébrer le 250ème anniversaire de la naissance du compositeur (2006)

SYNOPSIS

Le génie méconnu. L’enfant prodige. La superstar rebelle. Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) est devenu une série de mythes qui rendent pratiquement impossible pour un public du 21ème siècle de savoir qui était l’homme véritable.

 Comment naquirent ces mythes ? La légende du compositeur de génie a sans aucun doute été manipulée, même du vivant de Mozart, par ceux qui avaient des chances d’en profiter. Mais les mythes — comme tous les stéréotypes — contiennent des bribes de vérité sur l’homme. En interrogeant sur la façon dont la légende a été fabriquée, le film démêlera ces bribes de vérité.

 Cette biographie de Mozart sera racontée à travers une recherche personnelle de l’homme lui-même. Au fur et à mesure qu’il part à la recherche du vrai Wolfgang Amadeus Mozart, le réalisateur Phil Grabsky suivra une piste d’indices dans les endroits que Mozart lui-même a visités. Il cherchera des signes de l’homme et de sa musique à travers l’Europe et tentera de répondre à une question essentielle : pourquoi pense-t-on que Mozart est l’un des plus grands génies musicaux du monde ?

 Phil cherchera Mozart dans tous les endroits possibles. Etroitement liés aux commentaires formulés par ceux qui sont impliqués dans l’industrie Mozart et que Phil rencontrera en chemin (musiciens, responsables de marques de disques, DJ classiques, touristes intéressés par Mozart, propriétaires de magasins de souvenirs de Mozart), il y aura de la musique jouée par les plus grands orchestres d’Europe, des interviews d’experts et un tournage en extérieur des ruelles et des avenues, des auberges et des hôtelleries, des palais et des tables d’hôtes que Mozart lui-même a visités.

                                                                             TRAITEMENT

 Né à Salzbourg en 1756, Mozart était un enfant exceptionnellement doué qui écrivit son premier morceau de musique en 1761, à l’âge de cinq ans. Son père, Léopold, qui était lui-même un musicien respecté, reconnut le génie de son fils et fit de son mieux pour le protéger. Léopold tira le meilleur parti possible de son enfant prodige ; il offrit à son fils une éducation culturelle en visitant les cours d’Europe avec lui dès son jeune âge (en juin 1763, toute la famille Mozart partit faire un tour d’Europe, visitant Paris, Londres et La Haye où Mozart et sa sœur, Nannerl, furent présentés comme des enfants prodiges). En l’emmenant dans des centres musicaux et en l’exposant à l’élite, Léopold a pris soin du talent de son fils. Cependant, Léopold n’hésitait pas à exagérer les dons de son fils pour les besoins des relations publiques. Parfois, il diminuait même son âge d’un an.

 En 1769, Mozart, âgé de treize ans, fut nommé violoniste et maître de concert (sans solde) à l’orchestre de la cour de Salzbourg. Mais la maturité de son talent n’était pas toujours reflétée dans sa vie. Il est vrai que les lettres personnelles de Mozart trahissent une obsession pour la crotte et le sexe. Il n’était pas non plus très chanceux avec ses employeurs. En 1772, un salaire annuel de 150 florins lui fut accordé en qualité de maître de concert auprès du Prince Archevêque Colloredo. Colloredo fit botter le derrière du compositeur par son chambellan pour lui signifier la fin de son emploi. Mais Mozart ne fut jamais un petit morveux. Il ne se conduisait pas mal quand il était en société polie, il s’attendait seulement à être traité comme un égal par les aristocrates et il dépensa énormément d’argent pour rester à leur niveau, achetant une voiture, louant un appartement de luxe, achetant des vêtements à la mode ; et il ne pouvait tout simplement pas se passer d’une table de billard … Comme la plupart des artistes à travers l’histoire, la carrière de Mozart ne fut pas un triomphe financier. Il a combattu les dettes tout au long de sa vie parce qu’il refusait de compromettre son travail en passant son temps à faire de l’argent. Plutôt que d’être l’esclave d’un riche mécène, Mozart choisit de poursuivre une carrière de compositeur indépendant qui l’entraîna – contre l’avis de son père – à Vienne, où il s’installa et épousa Constance Weber en 1782. Le « gamin de génie » était peut-être en réalité un défenseur des droits de l’artiste indépendant.

 Mozart réécrivait et retravaillait sa musique tout le temps (bien qu’il ait eu une mémoire musicale phénoménale et ait été capable d’écrire des choses sur-le-champ). Il n’arrêtait jamais de travailler et son travail était enraciné dans les traditions de l’époque. Comme dans les autres domaines artistiques de ce temps-là, il favorisait la sobriété et la clarté dans sa musique. Sa grandeur ne vient pas de l’innovation musicale, mais du fait qu’il prenait et peaufinait ce qui était à sa disposition — bâtissant d’énormes constructions à partir de petits clichés musicaux.

 De toute évidence, Mozart fut un produit de son temps. Il avait de bonnes antennes pour les questions gênantes de l’Europe du 18ème siècle – tous ses opéras abordent la façon dont le sexe s’intègre dans le reste de la vie. En 1771, il écrivit à sa sœur Nannerl : « Au-dessus de nous, il y a un violoniste, au-dessous, il y en a un autre, à côté de nous, il y a un professeur de chant qui donne des leçons, dans la pièce qui est diamétralement opposée à la nôtre, il y a un hautboïste. C’est amusant de composer dans leur voisinage ! Cela donne des tas d’idées. » Au lieu de se retrancher du monde extérieur, il l’absorbait et l’utilisait dans sa musique.

 En juillet 1782, la première représentation de Die Entfuhrung aus dem Serail – l’Enlèvement au sérail - (un singspiel : c’est à dire un opéra typiquement allemand dans lequel le dialogue est chanté et non pas parlé) eut lieu au Burgtheater, à Vienne. Ce fut une percée décisive pour le compositeur.

 Les opéras de Mozart continuèrent, en fait, à remporter beaucoup de succès : Die Entfurhung aus dem Serail et Don Giovanni – Dom Juan - (dont la première fut présentée à Prague en 1787) furent les opéras les plus joués en Europe au cours de sa vie. Et en 1787, il fut finalement nommé Kammermusicus par Joseph II à Vienne : il s’agissait d’un poste impérial qui l’intégrait en quelque sorte aux institutions du pays. Il fit même partie de son groupe local des Francs-Maçons où il fut très actif.

 En décembre 1791, Mozart mourut à l’âge de 35 ans. De nombreuses théories ont été proposées relativement à la mort de Mozart, depuis une intoxication alimentaire (grâce à du porc douteux) jusqu’au meurtre. Il y a peu d’indices justifiant qu’il y ait quelque vérité dans la rumeur selon laquelle Salieri avait fait tuer Mozart (son origine réside dans une pièce du 19ème siècle écrite par l’écrivain russe Alexandre Pouchkine). La veuve de Mozart continua à employer Salieri comme professeur de musique pour son fils — ce qui n’est pas ce à quoi l’on s’attend si elle le soupçonnait d’avoir assassiné son mari.

 La croyance répandue selon laquelle il fut enterré dans quelque fosse commune anonyme n’est pas fondée. A cette époque, les funérailles somptueuses étaient déconseillées et la tombe de Mozart, bien qu’étant peu coûteuse et non marquée, n’était pas une fosse commune. En fait, beaucoup des mythes entourant la mort de Mozart émanent de son épouse Constance. Elle épousa le premier biographe de Wolfgang, Georg Niklaus Nissen, et, quand il mourut, elle supervisa l’achèvement du travail qui peignait Mozart comme un génie méconnu, enterré dans une fosse commune. Constance dit aux biographes que son mari soupçonnait d’avoir été empoisonné et que sa dernière œuvre, inachevée, le Requiem, fut créé dans le cadre de la préparation obsessive de son propre décès.

 

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Last modified: February 27, 2004